LES MAUX DE TRAVERS

by Tim T. Stroobandt

LES MAUX DE TRAVERS

by Tim T. Stroobandt



Des textes issus de mes lectures et du terrain  : consultation, supervision, institutions.

J’y articule concepts, expériences concrètes et posture clinique engagée, dans le respect strict de mon éthique déontologique.


Ni simplification. Ni jargon sans explication.

Ni récit séduisant. Ni neutralité stratégique.


Juste une parole accessible, qui n’a pas pour fonction de plaire, mais d’exposer ce que la science permet de penser — là où le symptôme résiste, là où le langage défaille, là où le lien se dérègle.


Bienvenue !

Si mes écrits vous ont parlé, ils parleront peut-être à d’autres. Partagez-les.

À la une

"A Fleur de Peau !"


Ce que le Corps endure Avant

les Mots...

Quand une odeur, un son, une lumière ou une proximité suffisent à faire basculer le corps… que reste-t-il à comprendre lorsque les mots ne désarment pas encore le psychotrauma ?


Cet article explore la mémoire traumatique comme une inscription qui ne passe pas toujours par le récit. Le psychotrauma ne revient pas uniquement sous forme de souvenir, d’image ou de scène racontable ; il peut revenir par les sens, par le corps, par une alerte, par un climat. Une personne peut savoir que le danger est terminé, avoir déjà compris, avoir déjà parlé, et pourtant sentir son organisme réagir comme si quelque chose de l’ancien danger insistait encore dans le présent. Ce n’est pas une faiblesse, ni une incohérence, ni  un échec thérapeutique. C’est une désynchronisation clinique entre le savoir, le récit, le corps et le temps.

Lire l'article

Mention légale

Tous les textes publiés sur ce site sont protégés par le droit d’auteur (Code de droit économique belge, Livre XI, Titre 5 – articles XI.165 et suivants). Toute reproduction, diffusion ou adaptation, totale ou partielle, est interdite sans l’autorisation écrite préalable de Tim T. Stroobandt. Les exceptions prévues par la loi (dont le droit de citation, art. XI.190) restent applicables, sous réserve de mentionner clairement l’auteur et la source.

Tous mes écrits


par Tim T. Stroobandt 8 mai 2026
Le corps précède la parole Nous avons souvent tendance à penser le trauma ou le psychotrauma à partir de ce qui se raconte. Nous cherchons une scène, un souvenir, une image, une chronologie, une explication. Nous supposons alors qu’une souffrance traumatique devient vraiment pensable lorsqu’elle peut être dite, remise en ordre, racontée. Cette manière de voir n’est pas fausse, au contraire, mais elle peut devenir trop étroite lorsqu’elle nous fait manquer une autre voie d’inscription : celle du corps , dont celle des sens - ouïe, vue, odorat, toucher, goût . Vous entrez quelque part. Rien, à première vue, ne devrait vous alerter. Puis une odeur traverse la pièce. Ou un bruit métallique. Ou une lumière. Ou une manière particulière d’occuper l’espace. Ou une proximité corporelle qui, objectivement, n’a rien d’extraordinaire. Pourtant, le souffle se raccourcit, le ventre se serre, les muscles se tendent, l’attention se rétrécit, et quelque chose en vous bascule. Vous savez parfois très bien qu’il n’y a pas de danger immédiat. " Vous le savez, mais votre corps, lui, ne semble pas être d’accord avec vous. " Beaucoup de personnes ne souffrent pas seulement de la réaction elle-même. Elles souffrent aussi du regard qu’elles portent ensuite sur cette réaction. Elles se jugent excessives, ridicules, incohérentes, trop fragiles, trop compliquées pour les autres. Elles se disent qu’elles savent pourtant, qu’elles ont déjà compris, parfois déjà parlé, parfois déjà travaillé en thérapie, et que leur corps ne devrait plus réagir ainsi. Cette conclusion paraît logique ; elle est cliniquement incomplète. Le corps « ne fait pas n’importe quoi ». Le problème peut tenir au fait qu’une partie de l’expérience traumatique peut continuer à se maintenir dans la sensation, dans l’alerte, dans la mémoire du climat, alors même qu’un travail de reprise psychique a déjà commencé. Nous ne rencontrons donc pas seulement une clinique du corps sans mots. Nous rencontrons aussi une clinique du corps qui continue à réagir là où les mots existent déjà , mais ne désarment pas encore tout ce qui a été inscrit. Autrement dit, le point central n’est pas de choisir entre le corps et le langage . Il consiste plutôt à reconnaître que, dans certaines trajectoires traumatiques, le corps peut réagir là où les mots manquent encore, mais qu’il peut tout autant continuer à réagir là où les mots sont pourtant déjà présents. La dissymétrie est clinique. Elle n’a rien d’anecdotique. Elle dit simplement que le savoir conscient, l’élaboration psychique et la réponse corporelle n’évoluent pas au même rythme. C’est cela que cet article voudrait rendre pensable : la manière dont les sens peuvent devenir les points d’appui d’une mémoire traumatique , non pas parce qu’ils remplaceraient le récit, mais parce qu’ils gardent parfois ce que le récit pèche à pouvoir encore symboliser.
par Tim T. Stroobandt 22 janvier 2026
« Quoi que tu fasses, tu as tort » Il existe des liens qui étranglent, sans se refermer. Pas de main qui serre, pas de cris qui claquent. Juste des mots qui glissent, des regards qui désavouent, des gestes qui figent. Ce sont des scènes ordinaires — une discussion en couple, une injonction professionnelle, une parole parentale — dans lesquelles une phrase, une réponse, une injonction peut faire perdre pied, jusqu’à perdre la logique du monde. “Fais ce que tu veux, mais si tu le fais, je saurai que tu ne m’aimes pas.” Il ne s’agit plus de choisir, il s’agit de trahir quoiqu’on fasse. Cette forme particulière d’impasse a été conceptualisée sous le nom de double contrainte par Gregory Bateson et ses collègues dans les années 1950, dans le cadre de leurs recherches sur la schizophrénie (Bateson et al., 1956). Loin de se limiter au champ de la psychose, cette dynamique structurelle s’est révélée opérante dans de nombreuses formes de souffrance relationnelle contemporaine, qu’il s’agisse de l’emprise pathologique conjugale, du harcèlement managérial ou des violences éducatives paradoxales (Watzlawick et al., 1967 ; Courtois, 2023 ; Daniel, 2021). Appeler la double contrainte une dynamique structurelle, c’est dire que le problème n’est pas le contenu des échanges, mais l’architecture relationnelle qui les rend impossibles à penser : des injonctions contradictoires, une interdiction de les nommer, et un lien dont on ne peut pas se retirer . Loin d’être un concept figé, la double contrainte constitue ici le socle d’une clinique du paradoxe .
par Tim T. Stroobandt 16 septembre 2025
Des mots trop souvent mal utilisés Pourquoi un enfant protège-t-il celui qui le violente? Pourquoi un adulte peut-il se sentir coupable d’avoir fui une relation violente ? Pourquoi l’excuse-t-il/elle encore ? Pourquoi certains passent-ils de la position de victime à celle d’agresseur ? À ces questions, les réponses viennent souvent trop vite. Nous parlons de dépendance affective, de soumission, de volonté, etc. Certains évoquent même le syndrome de Stockholm comme un fourre-tout explicatif. Or, le concept d’ identification à l’agresseur semble pouvoir nous offrir une réponse. Pourtant, il est souvent utilisé de travers. Ce que Sandor Ferenczi décrit dans « Confusion de langues entre les adultes et l’enfant » (1932/2023), c’est tout autre chose : un mécanisme psychique violent et coûteux , où l’enfant altère sa propre subjectivité pour survivre à l’effondrement du lien. Il ne s’agit pas de consentement, mais de sidération , de confusion entre affection et terreur, de transformation de soi pour rester vivant psychiquement. Ce texte est une tentative de restituer cette dynamique complexe, à travers quatre figures de l’identification à l’agresseur : l’enfant victime, l’enfant auteur, l’adulte victime, l’adulte auteur.

Publications

2020 - Essai de Stratification et Relativisme Radical. In press.

2019 - Radicalisation, la touche ALT : Alliance, Lien et Trahison. Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 63(2), 191-205.

2018 - Approche psycho-socioculturelle du processus de radicalisation des attitudes et engagements violents. Se Protéger des Radicalisme. Belgique : Couleurs Livres.

2018 - Disillusionments and traumatic risks for vulnerable populations. International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS) 34th annual meeting. Washington.

2018 - Training professionals - impact on the perception of their skills. International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS) 34th annual meeting. Washington.

2018 - From organizational trauma to organizational resilience of non-profit. International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS) 34th annual meeting. Washington.

2017 - Introduction aux effets de l’incarcération d’un parent sur leurs enfants. Relais Enfants-Parents.